L'Atelier du Reveur
29jan/120

Un AGV – Les naufragés du Titanic

Un AGV (Avis à Grande Vitesse) sur

 

LES NAUFRAGES DU TITANIC

 

 

Il y a les jeux gentils.

Il y a les jeux un peu méchants.

Il y a la foule et la noria des jeux normaux, où l'on empiète avec décence et retenue.

Il y a les jeux très gentils où tout le monde collabore.

Et.

Il y a les jeux très méchants où tout le monde s'en colle à bord. Quoi donc ? Des baffes. Des coups, des horions, des mesquineries taquinantes où l'on pousse à l'eau avec contentement.  Ce genre de jeux, c'est rare.

Les naufragés du Titanic, vous l'aurez compris, est entièrement de ce registre et comporte une dose de cynisme et de second degré qui le rend particulièrement truculent, drôle et fiévreux – comme une suée sur un radeau par mer étale sous un soleil lustral, sans un nuage ou un bout de terre à l'horizon, 40 degrés sans ombre possible - sans compter tous les autres, ces nuisibles, entassés là comme un monceau de boudins ou d'éléments figuratifs à la Géricault et ne faisant rien qu'à hâter l'imminence de la famine. C'est moche.

Les naufragés du Titanic, c'est un jeu de survie méchante, avec ce qu'il faut de viscéralement humain dans la pantomime pour rendre l'interaction définitivement cruelle (non ce n'est pas un jeu d'Artaud – l'Antonin du théâtre). Chacun son personnage et ses objectifs de survie : soi, son meilleur ami et son pire ennemi à faire disparaître avant la fin du voyage. Parfois on hait tout le monde et, dans ce cas, plus on voit couler de têtes, plus on ricane. Parfois, on s'aime tellement qu'on en devient notre seul objectif de survie.

Une belle leçon d'humanité.

On (sou)rit beaucoup cependant, et le côté délibérément outrancier de la chose en fait cathartiquement disparaître la trame tragique. On tombe (ou monte tout dépend du point de vue axiologique) dans le burlesque, le caricatural, l'agitation stéréotypée de la comédie de caractères – et le jeu peut alors devenir un formidable exercice d'improvisation d'archétypes, avec toute la dérision que la chose implique.

Le jeu, en somme, est très efficace ; quant à sa noirceur affichée, elle ne s'avère rapidement qu'une bonne boutade et l'occasion d'aiguillonner, finalement de manière assez bonhomme et dans la bonne humeur, nos semblables nos frères, nos amis joueurs. Les loups-garous de Thierceleux – dans un registre voisin - exploitent ainsi une part de cruauté de loin plus gênante, en faisant de certains traits terrifiants de l'âme humaine un moteur ludique dont, souvent, ni les enfants ni même les adultes n'ont conscience (c'est véritablement le point effrayant : ce manque de recul critique et de reconnaissance comportementale).

 

Quoi qu'il en soit, notation des infréquentables Naufragés :

 

30 °

Sur?

L'échelle de Celcius.

J'ignorais qu'il avait une échelle.

C'est qu'il a dû repeindre lui aussi son plafond.

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